Le point de vue de l'OTAN sur les reconversions

Les réalités actuelles en matière de défense et de budgets ont amené bon nombre de gouvernements à fermer un grand nombre de bases militaires. Plusieurs conséquences découlent de cette tendance - certaines négatives à court terme, mais la plupart d’entre elles, positives à moyen et long terme.

Les collectivités locales et les promoteurs immobiliers doivent trouver des moyens novateurs de nettoyer les sites et d’en faire un autre usage. L’assainissement de l’environnement est une question majeure, et le réaménagement des collectivités reste une priorité. En outre, il faut également prendre en compte la survie économique des villes près desquelles se trouvent les bases, particulièrement celles pour qui la base militaire est l’unique employeur de taille.

Certaines bases en voie de conversion à un usage civil sont notamment transformées en écoles, universités, centres médicaux, parcs et zones de protection de la faune, ainsi qu’en prisons. C’est ainsi que de nouveaux emplois seront créés, les économies locales seront diversifiées et les collectivités seront stabilisées. Les avantages de ces projets de conversion des bases seront probablement importants, mais on ne pourra les évaluer véritablement que dans 20 ans.

Plusieurs projets pilotes ont contribué à l’élaboration d’une approche stratégique à l’égard des fermetures de bases militaires et au réaménagement de ces sites dans la région, notamment en Roumanie (Fundulea et Mangalia) et en Bulgarie (Simitli, Razgrad, Dalgopol et Silven). D’autres projets pilotes potentiels sont à l’examen avec les pays intéressés.

Le projet de "conversion des sites militaires en Europe du Sud-Est" est une initiative de la Direction des affaires économiques de la Division Affaires politiques et politique de sécurité de l’OTAN. Il a pour objectif d’aider les pays partenaires à réduire au minimum les effets négatifs de la fermeture des bases militaires et d’en retirer un maximum de bénéfices. Il permet également d’accroître la coopération régionale entre les pays participants et facilite l’échange d’informations entre eux. Les pays visés sont l’Albanie, la Bulgarie, la Croatie, la Moldova, la Roumanie, la Serbie-et-Monténégro et l’ex-République yougoslave de Macédoine(1).

Une équipe d’experts de l’OTAN a été formée pour fournir avis et recommandations aux autorités nationales et les aider à trouver de nouvelles utilisations productives pour les bases militaires qui seront converties à un usage civil.

"Notre objectif est d’aider à créer des moyens concrets en Europe du Sud-Est pour permettre aux pays de la région de s’attaquer aux problèmes de la conversion et du réaménagement d’anciens sites et bases militaires. Les projets pilotes ont pour but de contribuer à lancer le processus d’élaboration de stratégies globales en matière de fermeture et de conversion de bases en illustrant de manière pratique les principes et possibilités dans ce domaine." Chef de l’équipe d’experts de l’OTAN

Le saviez-vous?

 

  • En Bulgarie, plus de 600 bases et sites militaires seront fermés au cours des prochaines années. La Roumanie quant à elle en fermera 200 environ.
  • Le Ministère roumain de la défense a transféré la propriété d’une base militaire située sur la mer Noire à la municipalité de Mangalia, qui y a construit des logements pour les anciens militaires, un jardin d’enfants et un centre sportif, avec des fonds provenant d’investisseurs privés et du gouvernement roumain.
  • Dans la région de Simitli, dans le Sud-Ouest de la Bulgarie, le taux de chômage s’élève à 70 pour cent à la suite de la fermeture d’une base d’infanterie motorisée et d’une mine d’aluminium. L’OTAN participe au lancement d’un projet de reconversion, qui verra l’installation sur le site d’un service incendie, d’un service d’urgence médicale et d’une société de recyclage des matières plastiques. Le projet ayant été entériné par l’OTAN, le programme européen PHARE l’a approuvé, et trois sociétés européennes ont été invitées à mener une étude de faisabilité.

 

(1) La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.